Décembre 2009:
„Le ballon ne doit pas entrer dans le filet“

Même s'il est vrai que l'on ne peut pas discuter de hors-jeu avec elle, la Sud-Africaine Rene Olivier est néanmoins une experte avisée : dans son entretien avec ContiSoccerWorld, la chef du service Communications et Relations Publiques de Continental Afrique du Sud nous parle de l'importance du football dans son pays natal, des accessoires de supporters auxquels il nous faudra bien nous habituer lors de la prochaine Coupe du monde, de la vie à l'ère post-apartheid – et de sa brève carrière en tant que gardienne de but.

ContiSoccerWorld: Mme Olivier, en Afrique du Sud, les sports nationaux sont en réalité le rugby et le cricket. Quelle place occupe alors la Coupe du monde de football dans le cœur de vos concitoyens ?

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Rene Olivier

Rene Olivier: Oh, nous pouvons aussi nous passionner pour d'autres choses que le rugby ! Lorsque nous avons appris que nous allions accueillir la Coupe du monde de football, une vague d'euphorie s'est emparée du pays. Il est vrai qu'après les Jeux Olympiques, cette Coupe du monde est l'un des événements sportifs les plus importants au monde ! Mais nombreux sont ceux, et je dois l'avouer que j'en faisais partie, qui par la suite ont également pensé : pour l'amour de Dieu, nous n'y arriverons jamais ! Mais depuis que nous avons organisé avec succès la Coupe des Confédérations, servant ainsi de répétition générale, pendant l'été 2009, les plus grands sceptiques sont désormais convaincus que l'Afrique du Sud offrira un site d'accueil idéal à la Coupe du monde 2010. Ça va être grandiose et je dis cela alors que je ne connais même pas toutes les règles (elle sourit).

ContiSoccerWorld: Quel rôle joue vraiment le football en Afrique du Sud lorsqu'aucune Coupe du monde n'est à l'ordre du jour ? Discute-t-on le lundi matin des résultats obtenus le week-end par la ligue ?

Rene Olivier: Par principe, l'Afrique du Sud n'est pas une nation de citoyens qui ont grandi avec le football, comme c'est le cas dans de nombreux pays d'Europe ou d'Amérique Latine. Le lundi matin, on parle effectivement de football, mais plutôt de la manière dont Manchester United, Chelsea ou Arsenal ont joué, la ligue anglaise étant très présente dans notre pays. Lors de la Coupe des Confédérations, j'ai d'ailleurs pu voir comment d'irréductibles supporters de rugby se sont soudainement retrouvés scotchés devant leur téléviseur pour voir tous les matches. La Coupe du monde de football va sûrement renforcer considérablement l'importance accordée au football. La fièvre du football monte, c'est comme pour un mariage : l'événement approche, les gens sont occupés par des milliers de préparatifs et la joie liée à l'attente croît chaque jour. Cela se ressent à travers tout le pays. L'Afrique du Sud a remporté la Coupe du monde de rugby en 1995, peu de temps après les fameuses premières élections libres de 1994 qui portèrent Nelson Mandela à la présidence. Aujourd'hui, les Sud-Africains disent que la Coupe du monde de football est appelée à jouer un rôle fédérateur tout aussi important que le titre remporté par les joueurs de rugby à l'époque.

ContiSoccerWorld: En Europe, les supporters se disent aujourd'hui un peu inquiets de voir la Coupe du monde devenir un événement inoubliable surtout pour les oreilles… Les spectateurs présents dans les stades, et même ceux assis devant leur téléviseur, ont déjà pu entendre ce bruit de fond assourdissant provoqué par les milliers de trompettes de supporters lors de la Coupe des Confédérations.

Rene Olivier: Vous parlez des "vuvuzelas". Nous allons devoir nous y faire, je crains. Cette trompette est un accessoire traditionnel qui caractérise le football sud-africain. Je sais qu'elle met les nerfs à rude épreuve. Lors de la Coupe des Confédérations, les joueurs ne s'entendaient plus parler et ne pouvaient même plus percevoir le sifflet de l'arbitre. Mais cela fait partie du folklore. Je recommanderais plutôt aux supporters internationaux de s'en procurer une pour faire comme leurs homologues sud-africains. Et mieux vaut s'exercer avant car souffler dans une "vuvuzela" n'est pas si facile qu'on le pense.

ContiSoccerWorld: Qu'est-ce qu'un supporter de football qui se rend en Afrique du Sud doit-il par ailleurs savoir ?

Rene Olivier: En tant que touriste, il convient de savoir certaines choses. On doit faire attention à l'endroit où l'on va et à la manière de se déplacer. Tout voyageur entrant dans le pays se voit remettre des règles importantes lui indiquant où se situent les dangers éventuels, les hôtels informent également leurs clients à ce sujet. Et ces règles doivent être respectées. Quiconque agit de la sorte passera un merveilleux séjour chez nous, l'Afrique du Sud est un pays extraordinaire qui ne ressemble pas du tout à ce que la plupart des gens pensent. À proximité de chaque stade se trouvent des monuments, une nature et des paysages à vous couper le souffle. Le Cap est une magnifique métropole qui fait rêver, la Montagne de la Table est un site incontournable. Port Elizabeth, la ville dans laquelle je travaille et j'habite, est très agréable à vivre, très structurée, magnifiquement située en bord de mer, on peut y voir nager des dauphins. La plupart des hôtels proposent des excursions dans les environs, qui sont devenues incontournables.

ContiSoccerWorld: Vous êtes née et avez grandi en Afrique du Sud : ressentez-vous encore beaucoup les séquelles de l'apartheid dans la vie quotidienne ?

Rene Olivier: Il faudra sûrement encore du temps avant que toutes les blessures soient guéries et que cet épisode de notre histoire fasse réellement partie de l'Histoire. J'ai 38 ans, j'ai assisté à tellement de choses, et je présume qu'il faudra attendre la prochaine génération avant de pouvoir dire que les plus gros problèmes appartiennent réellement au passé. Ma fille a six ans et j'espère sincèrement qu'à mon âge, elle vivra enfin dans une société unie. Je suis convaincue que nous y arriverons si nous nous concentrons sur les choses positives. Si l'on persiste à se préoccuper uniquement des difficultés que nous n'avons pas encore surmontées, on continuera d'évoluer dans une atmosphère générale négative, néfaste pour le pays.

ContiSoccerWorld: Passons à présent à un autre sujet : les pneus sont généralement un sujet qui intéresse davantage les hommes, on rencontre d'ailleurs peu de femmes aux postes de direction dans le secteur des pneumatiques. Vous vous sentez à l'aise chez Conti ?

Rene Olivier: Sans aucun doute ! J'ai débuté en tant que secrétaire du directeur national des ventes au Cap, mais j'ai ensuite rapidement intégré le service marketing. Il y a sept ans, je suis partie à Port Elizabeth, où j'ai tout d'abord travaillé comme assistante du CEO. Et je suis actuellement chef des Relations Publiques depuis 2007. Vous avez raison, les pneus sont en soi un sujet qui n'intéresse pas particulièrement les femmes. Mais je trouve cela très passionnant. Et j'espère que beaucoup de mes collègues féminines me suivront encore dans cette voie. Il faut être forte et savoir exactement ce que l'on veut pour résister dans un environnement de travail qui reste encore dominé par les hommes. Le marketing est par chance un service qui ne pose aucun problème, nous nous entendons tous très bien. Cela n'empêche qu'il y a peu de temps, un collège a raconté une blague grivoise. "Bonjour tout le monde", ai-je dit, "je suis là, et vous osez encore raconter de telles blagues." Sur ce, le collègue a répondu : "Mais Rene, tu sais bien que tu es des nôtres." Je ne savais pas si je devais prendre ça comme un compliment… Mais il l'avait dit avec une bonne intention et nous nous sommes tous mis à rire.

ContiSoccerWorld: Encore une question personnelle : vous avez dit au début qu'avant la Coupe des Confédérations 2009, vous ne vous intéressiez pas au football. Mais en approfondissant nos recherches, nous avons pu constater que vous avez été gardienne de but au sein de l'équipe féminine d'Afrique du Sud dès 2006 lors de la ContiSoccerCup, la coupe du monde de football organisée par Continental…

Rene Olivier: (elle éclate de rire) C'est vrai ! Mais cela ne veut pas dire que j'y connaissais grand chose aux règles à l'époque. Ce fut ma première expérience sur le terrain, comme pour tous les membres de l'équipe, et nous nous sommes toutes beaucoup amusées, bien que nous fûmes toutes de véritables amatrices et que chaque membre de notre entreprise se fut avant tout affectueusement moqué de nous. Mais nous avions un entraîneur motivé qui nous a inculqué toutes les règles et a fait de nous une véritable équipe. Même s'il a frôlé la crise de nerfs à certains moments cette année-là (elle sourit), nous avons eu de si bons résultats que nous nous sommes qualifiées pour la phase finale à Hanovre. C'est là que nos adversaires nous ont néanmoins montré nos limites. Malheureusement, nous n'y participerons pas cette année. Nous avons tellement de travail en raison de la Coupe du monde qu'il ne nous reste plus de temps pour ce genre d'amusement.

ContiSoccerWorld: Quels souvenirs particulièrement mémorables vous reste-t-il de votre brève carrière de gardienne de but ?

Rene Olivier: Cela fait horriblement mal de recevoir le ballon en pleine figure ! Et tout n'est pas aussi simple qu'il y paraît au premier abord.

ContiSoccerWorld: Voici une question faisant partie des idées reçues : pouvez-vous nous expliquer ce qu'est un hors-jeu ?

Rene Olivier: Non ! C'est une règle que je n'ai jamais vraiment bien comprise. Mais cela ne faisait rien, en tant que gardienne de but, je n'avais qu'une seule chose à savoir : le ballon ne doit pas entrer dans le filet.

Contact :

Alexander Lührs

Responsable des Relations Publiques de la Division Pneus Automobiles

Continental Reifen Deutschland GmbH

Büttnerstr. 25 I D-30165 Hannover

Tel.: +49 511 / 938 2615

E-Mail: alexander.luehrs@conti.de

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