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Si quelqu'un mérite le titre de figure de père dans le monde du football, c'est bien le Brésilien Mario Jorge Lobo Zagallo. Dans la chronique du football mondial, le nom du Brésilien est à la fois synonyme d'éclat et de gloire, de succès et d'exemple, de bonheur et de modestie et de sincérité et de patience. Zagallo est un personnage capital du football international, il était, en tant que joueur et entraîneur, l'un des plus talentueux "chercheurs d'or" de toutes les Coupes du Monde de football. Ses compatriotes le surnomment, plein de respect, "O Lobo", le loup. En tant que joueur, on doit à Zagallo les victoires brésiliennes des Coupes du Monde de 1958 et 1962. Lors de ces tournois qui marquèrent le début de la marche triomphale des Sud-Américains lors des Coupes du Monde, il était un ailier gauche de génie. Et on doit au sélectionneur Zagallo la Coupe du Monde de 1970. À l'époque, il reprit l'équipe de Joao Saldanha seulement huit semaines avant le tournoi et la conduisit au Mexique au troisième titre.
Directeur sportif de l'équipe du Brésil, Zagallo a également participé au triomphe des Brésiliens à la Coupe du Monde de 1994 aux États-Unis. Il était à l'époque le collaborateur le plus important de l'entraîneur Carlos Alberto Parreira. Après avoir joué un grand rôle dans les quatre Coupes du Monde remportées par les Brésiliens, Zagallo devait aider la meilleure équipe du Monde à maintenir le cap en 2002. Il intervint en tant que conseiller auprès du sélectionneur Luiz Felipe Scolari lors de la Coupe du Monde au Japon et en Corée et participa ainsi à l'obtention du titre mondial. Depuis, il est surnommé "le Professeur de football" dans son pays. En 2004, Zagallo mit même sa vie en danger pour le football brésilien : à 72 ans, il avait pris en charge encore une fois les champions du Monde, cette fois en tant que coach intérimaire, lors du 3:2 face à la Corée du Sud à Séoul. Cela devait être également son match d'adieu de l'équipe nationale. Mais il dut ensuite être hospitalisé en raison de graves problèmes au cœur. Encore aujourd'hui, il est considéré comme la figure de proue du football brésilien, le "bon esprit" de l'entraîneur Carlos Alberto Parreira qui prépara l'équipe cinq fois championne du Monde à la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. Parreira décrit l'influence de Zagallo de la manière suivante : "Il fut le premier à remporter la Coupe du Monde en tant que joueur puis en tant qu'entraîneur. Après lui, seul Franz Beckenbauer y est arrivé. Zagallo est pour nous un conseiller technique très important : les joueurs l'aiment et l'admirent. Sa présence est capitale car c'est un vainqueur, une figure emblématique du football brésilien. Il est comme un père pour l'équipe. Un seul mot de sa part peut inspirer tout le monde." Même la superstar Ronaldo ne cache pas son admiration pour cet homme qui est, au Brésil, tout aussi populaire que Pelé : "Zagallo est la meilleure chose qui pouvait nous arriver, à moi et au Brésil." Le monde entier l'estimait et le Brésil le vénérait, tout particulièrement en raison de ses 37 matchs internationaux avec ses quatre buts en tant que joueur. En douze interventions géniales en Coupe du Monde et avec deux buts, Zagallo, qui est né à Macéio le 9 août 1931, participa activement aux victoires du Brésil aux Mondiaux de 1958 et 1962. En tant que joueur, il devint, surtout après le deuxième triomphe mondial, un héros national. Il devint la superstar de la Coupe du Monde au Chili aussi parce que Pelé, blessé, ne put pas jouer, mais que, grâce à lui, les performances de l'équipe purent se maintenir au plus haut niveau. Zagallo débuta dans les années 50 comme joueur amateur pour "America", il joua ensuite au Flamengo de Rio de Janeiro. En hommage à Zagallo qui fit ses débuts professionnels en 1953, la FIFA écrit : "Titulaire dans le couloir gauche, il compensait sa petite taille (1,69 m) par la finesse de sa technique et savait aussi être le premier défenseur de son équipe quand celle-ci avait perdu le ballon". De 1958 jusqu'à la fin de sa carrière en tant que joueur en 1964, il fut actif pour Botatogo Rio de Janeiro. Durant ces six années, il porta également le maillot de l'équipe nationale. Les supporters du Brésil adoraient le joueur pour la grande intensité dégagée, mais le jeu défensif contrôlé du "Professeur" rencontra bien moins d'enthousiasme. Les Brésiliens voulaient voir leur "Selecao" attaquer mais Zagallo préférait souvent mettre en œuvre sa tactique prudente. Ainsi, en 1997, il conduisit l'équipe à la Copa America, le Championnat d'Amérique du Sud. Après le 3:1 en finale contre la Bolivie, il cria, hors de lui, dans les micros des reporters qui l'avaient tant critiqué auparavant : "Maintenant, vous allez devoir m'avaler." Cette phrase est restée dans les anales du football brésilien, tout comme le discours plein d'émotion de Giovanni Trapattoni (l'allusion à la bouteille vide), l'ancien coach du FC Bayern de Munich. Au Brésil, les sélectionneurs sont toujours confrontés à une pression publique extrêmement importante, le fait que Zagallo s'engagea à plusieurs reprises dans cette tâche pour la fédération brésilienne montre d'une manière impressionnante son exceptionnelle position. Il fut coach en chef de 1970 à 1974 et entraîneur intérimaire de 1993 à 1994 et de nouveau en 2004. Il occupa de 1994 à 1998 le poste de coordinateur technique. Le fabuleux palmarès de Zagallo compte six participations à la Coupe du Monde, cinq finales de Coupe du Monde avec cinq titres. En 1998 en France, Zagallo connut son unique défaite en finale, l'équipe brésilienne s'inclina face aux hôtes français par 0:3. Le grand maître, assistant de Scolari, avait envoyé un Ronaldo malade sur le terrain.
Le Brésil comptait et compte encore aujourd'hui de grands footballeurs, comme Pelé et Amarildo, Tostao et Romário, Ronaldo et Ronaldinho. Mais au pays cinq fois champion du monde, personne n'a eu autant de succès que "O Lobo", le Loup, qui s'empara de nombreux titres. |