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Peu de gens ont réellement vu ce qui s'est passé dans le stade berlinois Olympiastadion lors de la finale de la Coupe du monde 2006™ entre la France et l'Italie, car à ce moment, le ballon se trouvait à un autre endroit. Mais les images capturées par les caméras ont marqué de leur empreinte la finale de cette coupe du monde plus que toute autre situation. À la 110e minute de jeu, dans les prolongations, le Français Zinedine Zidane avait donné à l'Italien Materazzi un coup de tête, avec élan, tel un bélier qui veut enfoncer ses cornes dans le corps de son adversaire. Ceux qui se trouvaient près du lieu du crime avaient entendu un cri suivi du coup de sifflet de l'arbitre. Après une longue pause ponctuée par plusieurs entretiens tenus sur le terrain, Zidane reçut un carton rouge. La deuxième image qui s'offrit aux spectateurs n'était pas moins marquante : un homme aux cheveux clairsemés portant le tricot des « Bleus » et arborant le « coq gaulois » sur le torse sortait, tête basse, du terrain et disparut dans les catacombes sans plus penser au trophée de la Coupe du monde de la FIFA. C'est ainsi que le grand Zidane quitta la scène internationale. |
![]() Zinedine Zidane reçoit un carton rouge. C'est avec un joueur en moins que les Français disputent les dix dernières minutes du match et perdent aux tirs au but. (Photo: Perenyi/Augenklick) |
À la télévision, les images du monde entier montraient au ralenti la scène qui se déroulait de la manière suivante : Materazzi tira le maillot bleu de Zidane, Zidane repoussa le bras de l'Italien et lui adressa quelques mots. Zidane fit quelques pas et Materazzi cria quelque chose dans son dos. Zidane se retourna en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et enfonça subitement sa tête dans le torse de Materazzi. Celui-ci tomba à terre et resta allongé sur le sol.
Horacio Elizondo, l'arbitre argentin de 42 ans, n'avait rien vu. Mais il reçut un signal de la touche et courut jusqu'à la ligne extérieure. Son quatrième homme, Luis Medina Cantalejo, déclarait avoir observé toute la scène. Deux jours après la finale, alors que les esprits étaient encore bien échauffés, la Fédération internationale de football déclara également que l'information décisive sur le comportement de Zidane avait été donnée par le quatrième officiel. L'Espagnol qui se trouvait en touche au moment des faits avait observé l'incident sur un écran. La FIFA déclara donc qu'il ne s'agissait en aucun cas d'un arbitrage vidéo. Cantalejo avait informé l'arbitre Elizondo par radio. C'est sur ces informations qu'Elizondo décida d'expulser Zidane du terrain. |
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C'est avec une grande franchise que l'arbitre avoua avoir pris connaissance de l'attaque de Zidane de deuxième main. Il réprima Zidane avec la sanction personnelle la plus grande possible et renonça à sanctionner Materazzi, le provocateur. « Je ne sais pas d'où mon collègue tenait ses informations. La seule chose que je sais, c'est que mon assistant Dario Garcia, le quatrième officiel, m'a dit que Zidane avait mis un coup de tête à Materazzi. Reste calme et fais ce que tu penses devoir faire. Zidane a commis une agression et a donc reçu un carton rouge. Pour ce qui est de Materazzi, mes collègues et moi n'avons rien vu ni rien entendu. Sur le terrain, je ne peux pas sanctionner des éventualités. » Le sélecteur de l'équipe nationale française, Raymond Domenech, se plaignit qu'une innovation avait conduit à l'expulsion de son meneur de jeu.
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![]() Pendant la finale de la Coupe du monde de la FIFA 2006™ à Berlin, Zinedine Zidane et Marco Materazzi se prennent de bec à plusieurs reprises. (Photo: Rauchensteiner/Augenklick) |
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« On vient d'instaurer l'arbitrage vidéo. C'est une nouvelle règle qui est mise en place. Vive la vidéo dans le football ! » Son collègue italien Marcello Lippi le contredit ainsi : « C'était le quatrième arbitre qui a vu l'incident sur l'écran, à l'aide du ralenti. C'est comme ça que ça c'est passé. » La FIFA suspendit Zidane ensuite pour 3 matchs internationaux et lui donna en plus une sanction pécuniaire de 7 500 francs suisses. La finale de Berlin resta la dernière apparition sur une pelouse du grand Zidane. En mai 2006, il disputa son dernier match en club sous les couleurs du Real Madrid. La Coupe du monde de la FIFA 2006 marqua la fin de la carrière de ce joueur de 34 ans ayant 108 matchs internationaux à son compte. Après la réaction irréfléchie de Zidane, le quotidien suédois « Aftonbladet » tira la conclusion suivante : « Le dernier tour de passe-passe du magicien Zidane consiste à prouver son génie dans sa forme la plus pure, en se faisant tout simplement disparaître. » Champion du monde de la FIFA en 1998 et champion d'Europe de l'UEFA en 2000, Zidane qui avait été couronné (avant la finale) meilleur joueur du tournoi, était sans aucun doute l'un des plus grands artistes du football, mais également une tête brûlée. Il accumula tout au long de sa carrière 15 cartons rouges. Plus tard, il se montra repentant : « Je m'en excuse auprès des enfants qui ont regardé cela. Une tel geste est impardonnable. Je dois le dire haut et fort, car deux à trois millions de spectateurs et d'enfants l'ont vu. » Il s'engagea à réparer les torts commis en effectuant un service volontaire avec des jeunes dans le cadres d'actions humanitaires organisées par la FIFA. Les sélectionneurs Lippi et Domenech étaient d'accord sur au moins un point : « Cette sortie est une honte », remarqua Lippi. « Il n'a pas mérité une telle fin », déclara Domenech. La finale n'a pas seulement mis un terme à la carrière de Zidane, mais également à celle de l'arbitre argentin Horacio Elizondo. « J'ai atteint mes objectifs. Il est temps maintenant de transmettre ce que j'ai appris » affirma l'arbitre et professeur de sport qui occupe une place particulière dans l'histoire de la Coupe du monde de la FIFA. Car l'Argentin était le premier arbitre à avoir sifflé à la fois le match d'ouverture et la rencontre finale. La situation ayant donné lieu à cette expulsion de terrain aussi curieuse que tragique fut éclaircie un an plus tard. Materazzi relata d'abord les événements de la manière suivante : il déclara avoir retenu le maillot de Zidane qui le regarda de manière condescendante et lui dit qu'il pourrait avoir son maillot après le match sur quoi Materazzi répondit qu'il aurait préféré sa sœur. Lors des discussions qui eurent lieu quelques semaines plus tard auprès de la FIFA, les deux joueurs décrivirent l'incident de manière différente. La FIFA assura qu'aucune remarque de nature raciste n'était tombée. Zidane, qui était suspendu, était manifestement trop fier et trop fair-play pour accuser l'Italien de provocations plus virulentes. Dans l'émission télévisée « TV Sorrisi e Canzoni », le défenseur de l'équipe nationale italienne avoua, un an plus tard, avoir traité la sœur de Zidane de prostituée. Il répondit à l'« offre » de Zidane de lui donner son maillot après le match qu'il préférerait prendre sa sœur qu'il traita simultanément de prostituée. Il faut ajouter ici que Zidane parle bien italien, car il joua avec succès de 1996 à 2001 pour la Juventus de Turin - dont trois ans sous la régie de Lippi. Materazzi qui avait lui-même pris un carton rouge au cours du huitième de finale contre l'Australie, s'excusa de ces dires contre Zidane et fut suspendu après coup pour deux matchs par la FIFA. À propos, le tournoi organisé en Allemagne fut vraiment la première Coupe du monde de la FIFA à utiliser l'arbitrage vidéo et ce, contre l'international allemand Torsten Frings. La chaîne télévisée « Sky Italia » avait retransmis une scène sur laquelle on pouvait voir, après les troubles survenus suite au match de quart de finale ayant opposé l'Allemagne à l'Argentine, le poing de Frings toucher la tête de l'Argentin Julio Cruz. Il n'était pas possible de déterminer la violence du coup. Après le coup de sifflet final, des agressions violentes avaient eu lieu des deux côtés. Sur la base des images télévisées, la FIFA avait mise en œuvre une procédure disciplinaire et suspendu l'attaquant allemand d'un match - la demi-finale contre l'Italie - pour participation à la bagarre. |