Coupe du monde, édition 2002
Italie et la deuxième Corée

Corée contre Italie ? Voici une affiche intéressante. Ce match de la Coupe du monde de la FIFA 2002 rappelait de cruels souvenirs.

Cette rencontre amena les Italiens à se remémorer l'humiliation qu'ils avaient connue lors de la Coupe du monde de la FIFA de 1966 en Angleterre. Même 36 ans après, le nom Pak Doo-Ik était toujours d'actualité. L'humiliation de la défaite 0:1 qui avait signifié l'élimination de la « Squadra Azzurra » dans les tours préliminaires de la compétition remontait à la surface.

Avant de relater la rencontre entre les Italiens et les Coréens lors de la Coupe du monde de la FIFA 2002, il est important d'évoquer encore une fois le jour où un certain Pak Doo-Ik humilia le football italien. Le 19 juillet 1966 déchaîna la chronique. Le lieu du crime : Middlesbrough. À 19h30, la Corée du Nord et l'Italie s'affrontaient dans le cadre des matchs de sélection de la poule D. Dans l'opinion publique, ce match était considéré comme la rencontre de David et Goliath. Les Coréens rassemblés autour de leur entraîneur inconnu Myong Rye Hyon déclaraient eux-mêmes avec une modestie typiquement asiatique : « Nous sommes venus pour apprendre. » Puis, ce que tout le monde croyait impossible arriva dans le stade d'Ayresome Park.

Les aiguilles de la montre avaient déjà effectué 41 tours, la 42e minute venait de commencer. Romano Fogli n'arriva pas à intercepter une passe d'Im Seung Hwi. Vif comme un écureuil, Pak Doo-Ik s'élança et décrocha en pleine course une frappe avec rebond qui ne laissa aucune chance au gardien de but italien Enrico Albertosi. C'était le début de la fin. Le match se termina sur un score de 1:0 pour la Corée du Nord.

Le « Northern Echo » constata : « Le déclin de l'Empire romain n'était rien contre la débâcle que vient de connaître l'équipe nationale italienne. » Vittorio Pozzo, l'entraîneur qui avait encadré les Italiens pendant leurs « Trente Glorieuses », balbutiait en larmes : « L'Italie pleure maintenant ! ».

17:2 corners pour l'Italie, mais 1:0 but pour la Corée du Nord. Incroyable. Le monde du football était entièrement chamboulé. Des petits soldats originaires d'Extrême-Orient avaient ainsi dupé des superstars valant des millions.

Avec ce seul but, Pak Doo-Ik passa du rang de simple soldat à celui de roi sans couronne. La Corée du Nord était ainsi en huitième de finale à la place de l'Italie où elle perdit sur le score de 3:5 contre le Portugal, non sans avoir livré un combat acharné. Après son triomphe sur l'ancien champion du monde, Pak Doo-Ik jubilait : « Au moment où nous avons vaincu l'Italie, nous savions que notre Grand Leader serait heureux. Nous avions gagné. Pour notre patrie, pour la Corée du Nord. Tous ont pleuré. » Le soldat Pak Doo-Ik fit encore une grande carrière, participa à 82 matchs internationaux, assuma son rôle d'exemple national et devint par la suite entraîneur de la sélection junior.

En 2002, les stars italiennes se voyaient menacées par un danger similaire. Cette fois-ci, il ne s'agissait pas de la Corée du Nord, mais de son ennemi juré et coorganisateur de la Coupe du monde de la FIFA, la Corée du Sud. Le « danger asiatique » n'attendait pas les Italiens dans le tour préliminaire. Avant cette rencontre fatidique, les Azzurri avaient tout de même atteint les huitièmes de finale du tournoi. Une nouvelle fois, ils faisaient face à une équipe empreinte d'une discipline, d'une passion et d'un enthousiasme bien asiatiques. La Corée du Sud ne voulait pas être simplement organisateur de la Coupe du monde de la FIFA, elle voulait également séduire par son hospitalité et sa courtoisie, par son amabilité et son sens du respect. Le Néerlandais Guus Hiddink avant su inoculer à ses joueurs le virus du football et des millions de supporters étaient venus fêter la victoire au tour préliminaire.

Au cours des matchs de la nation organisatrice de la Coupe du monde de la FIFA, les supporters poussèrent leur équipe à fournir le meilleur d'elle-même. (Photo: GES/Augenklick)

Le 18 juin 2002, les Italiens eurent des frayeurs. C'est rapidement qu'ils prirent l'avantage grâce à une tête de Christian Vieri à la 18e minute. Mais aucun Coréen du Sud ne considéra ce but comme un coup de grâce. Les Italiens tremblèrent, titubèrent et se battirent. Mais lors de cette nouvelle défaite imminente, le plus féroce adversaire n'était pas la propre stupidité de l'équipe - comme cela avait été le cas en Angleterre. Cette fois-ci, c'était l'arbitre équatorien, Byron Moreno, qui mit les joueurs au maillot bleu ciel sur la voie de garage de la Coupe du monde de la FIFA. L'Italie écumait de rage. « Si le Japon avait encore été dans le tournoi, ce match se serait peut-être passé autrement », déclara en colère l'entraîneur Giovanni Trapattoni qui justifia plus tard ses dures accusations par l'amertume qu'il avait ressenti en cet instant. « Le vainqueur aurait dû être l'Italie. Nous avons été énormément pénalisés. »

ContiSoccerWorld, Conti, Continental, Reifen, Fußball, WM, FIFA WM 2010, Confederations Cup 2005, Hildebrand, Casillas, Shearer, Ricardo, Koerbel, Deutschland, Sponsoring, German Engineering, Conti-Stars, WM-Tickets gewinnen, Tickets, FIFA-Partner

La colère était d'autant plus vive que les Italiens avaient perdu le match juste avant la fin du temps de jeu régulier. Seol Ki-hyeon réussit en effet à égaliser (1:1) à la 88e minute. Au cours des prolongations, Trapattoni, généralement connu pour être un gentleman, et certains de ses joueurs perdirent leur contenance. Au moment où Francesco Totti reçut un carton rouge (103e minute) pour avoir simulé une faute, le « Maestro » sortit de ses gongs et aurait presque détruit la vitre en verre située derrière le banc des entraîneurs à la seule force de son poing. Plus tard, il exprima sa colère en ces mots : « Je ne comprends pas pourquoi Totti a dû quitter le terrain. C'était sans conteste un pénalty » critiquait Trapattoni la décision de Moreno. Le gardien de but de remplacement, Francesco Toldo, avança même l'affirmation : « C'est une honte. Pendant trois matchs, l'arbitre a mené une petite guerre contre nous. » Totti fulminait également : « Nous avons joué à onze contre douze. »

ContiSoccerWorld, Conti, Continental, Reifen, Fußball, WM, FIFA WM 2010, Confederations Cup 2005, Hildebrand, Casillas, Shearer, Ricardo, Koerbel, Deutschland, Sponsoring, German Engineering, Conti-Stars, WM-Tickets gewinnen, Tickets, FIFA-Partner
L'arbitre Byron Moreno montre le carton rouge à Francesco Totti pour avoir simulé une faute. Paolo Maldini, Christian Vieri et Angelo Di Livio protestent. (Photo: Firo/Augenklick)

C'est l'attaquant sous contrat avec le FC Perugia, Jung Hwan Ahn, qui marqua à la 116e minute son deuxième but du tournoi et consacra ainsi l'élimination de l'Italie et l'accès de la Corée au groupe des meilleurs huit. « Je voulais faire un gros cadeau aux citoyens coréens. Et j'ai réussi ce pari. » jubilait le joueur le plus populaire du pays organisateur de la Coupe du monde de la FIFA. En Italie, le président de son club lui remit immédiatement ses papiers. De nombreux supporters italiens qualifièrent le joueur de « traître ».

Jung Hwan Ahn marque le 2:1 pour la Corée du Sud. Lors de la Coupe du monde de la FIFA 2002, l'Italie achoppa pour la deuxième fois après 1966 à une équipe coréenne. (Photo: Firo/Augenklick)

Il est important de mentionner ici qu'en réalité les Coréens accédèrent au match pour la troisième place grâce à une certaine indulgence des arbitres, ce qui déclencha dans le pays une vague d'euphorie inégalable. L'Italie ne fut pas la seule à payer les pots cassés. Moreno dut également subir les conséquences de ses actes. Dans l'année suivant la Coupe du monde, la FIFA retira à l'arbitre de grands matchs. Forts de leur influence, les Italiens avaient demandé une enquête pour corruption.

Les Italiens sont atterrés. Pour le capitaine Paolo Maldini (au centre), Gennaro Gattuso et Christiano Zanetti, la Coupe du monde de la FIFA 2002 prend fin. (Photo: Baumann/Augenklick)

Quelques temps après la Coupe du monde de la FIFA 2002, le communiqué suivant attira l'attention du public : « La Fédération équatorienne de football a confirmé la suspension de l'arbitre Byron Moreno pour 20 matchs. Considéré en Italie comme une sorte d'« ennemi public », l'arbitre qui avait sifflé la huitième de finale de la Coupe du monde opposant la Corée du Sud à l'Italie créa un nouveau scandale en septembre, lors du match de ligue nationale entre Liga de Quito et Barcelone. Au lieu des six minutes affichées, il octroya des arrêts de jeu d'une durée de douze minutes, ce qui permit à l'équipe de Liga de Quito de transformer un 2:3 de retard en une victoire sur le score de 4:3. » Ceci ne réconforta en rien l'Italie. Corée du Nord en 1966 et Corée du Sud en 2002 - Ce sont les deux chapitres noirs de Coupe du monde du quadruple champion.