Les champions du monde : L'Angleterre domina une fois seulement le monde du football

« Oh Britannia, Britannia rules the world » (Les îles britanniques dominent le monde) est l'un des chants de guerre préféré des supporters anglais.

Mais les fans anglais n'eurent qu'une seule fois l'occasion de chanter ces vers. En 1966, lors de la huitième Coupe du monde de la FIFA organisée en Angleterre. Lorsque le capitaine Bobby Moore reçut le 30 juillet dans le stade londonien de Wembley des mains de la reine Elizabeth II. le trophée de la Coupe du monde de la FIFA, la Coupe Jules Rimet, toute la patrie du football était en liesse.

À cette époque, la Fédération anglaise de football, la « Football Association » (FA), existait depuis déjà plus de 103 ans. En 1905, la FA fondée à Londres en 1862, adhéra à la Fédération internationale de football FIFA. Depuis cette époque, le football anglais a montré, en comparaison avec les autres nations, avant tout trois choses : 1. une grande confiance en soi, 2. un orgueil au moins aussi grand, 3. la capacité à battre n'importe quel adversaire, à condition d'avoir une bonne journée.

Ces bonnes journées furent relativement rares dans l'histoire de la Coupe du monde de la FIFA des Anglais. D'abord en 1950, 78 ans après le premier match international officiel, l'Angleterre entrait dans l'histoire de la Coupe du monde de la FIFA. Avant, les Anglais avaient une attitude très originale : parfois, ils quittaient la FIFA, parfois ils y adhéraient. Lors de leur première participation à une Coupe du monde de la FIFA, au Brésil, les « Lions » furent éliminés en phase préliminaire, tout comme lors du tournoi de 1958 en Suède. En 1954, l'Angleterre s'inclina contre l'Uruguay en quart de finale, en 1962 elle succomba également en quart de finale au futur champion du monde brésilien.

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C'est cependant en 1966 qu'ils réussirent l'exploit devant leur propre public, dans le Londres des « Swinging Sixties ». À cette époque, les gens étaient de bonne humeur et, sous la régie de l'exigeant entraîneur Sir Alf Ramsey, l'équipe nationale anglaise montra six fois de suite un football hors pair. Les Lions restèrent invaincus dans ce tournoi, surtout grâce à l'axe légendaire : devant le gardien de but Gordon Banks et le bétonneur intransigeant Jack Charlton, son frère Robert « Bobby » Charlton du club de Manchester United menait la danse.

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Jack Charlton en duel avec Willi Schulz. L'Angleterre remporta son seul titre de champion du monde dans le stade londonien de Wembley en finale contre l'Allemagne. Kunz/Augenklick

L'équipe organisatrice du tournoi balaya même d'un revers de main les faibles performances de l'attaquant vedette Jimmy Greaves du club Tottenham Hotspur. Le sélectionneur joua en effet un joker auquel personne ne s'attendait : Geoffrey « Geoff » Hurst. Cette homme de West Ham United décida, à lui seul, l'une des finales les plus palpitantes de tous les temps en inscrivant trois buts.

Le fait que le but décisif qui donna l'avantage 3:2 sur l'Allemagne dans les prolongations, le légendaire « but de Wembley », n'était (vraisemblablement) pas un but, ne changea rien à l'euphorie des fans, ni à celle de Hurst qui fut adoubé par la Reine en 1998. Le juge de ligne russe, Tofik Bakhramov, était le seul homme dans le stade à avoir vu le ballon frappé par Hurst heurter la barre transversale et tomber derrière la ligne de but  L'arbitre suisse Gottfried Dienst fit confiance à son homme de touche et se décida à valider le but.

C'était le triomphe d'une équipe extrêmement harmonieuse qui, soutenue par des fans passionnés, n'aurait pas pu être stoppée, même sans ce but controversé. En finale, le jeune Franz Beckenbauer assura si bien le marquage du grand meneur de jeu Bobby Charlton, que d'autres joueurs durent monter au créneau : le milieu de terrain terrifiant aux dents manquantes, Nobby Stiles, l'agile Alan Ball et le stratège calculateur, Martin Peters.

L'Angleterre avait ainsi brûlé toutes ses cartouches. Quatre ans plus tard, la Mannschaft prit sa revanche à Mexico par une victoire 3:2 en quatre de finale. En 1974 et 1978, les « Lions » furent éliminés avant la phase finale. En 1982, ils échouèrent en phase intermédiaire contre l'Allemagne, de même qu'en 1990, en demi-finale après une séance de tirs au but. En 1986 et en 1998, c'est l'Argentine qui interrompit l'envolée de l'Angleterre en quart et en huitième de finale.

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Il y a quatre ans au Japon et en Corée du Sud, une grave faute du gardien David Seaman entraîna la défaite contre le Brésil en huitième de finale.

En 2006, la patrie du football affichait une nouvelle fois un optimisme sans bornes. L'entraîneur suédois, Sven-Göran Eriksson, avait sans aucun doute recruté des joueurs de talent, dans une densité encore jamais vu dans le football anglais : Rio Ferdinand, Michael Owen, Paul Scholes, David Beckham et le jeune talent Wayne Rooney firent rêver les fans du jour où l'Angleterre serait à nouveau à la tête du football mondial.

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Le Suédois Sven-Göran Eriksson mena l'équipe nationale anglaise lors de la Coupe du monde 2002 et de la Coupe d'Europe 2004 à huit victoires. Photo: GES/Augenklick